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Le kalimba s’accorde à l’oreille : comprendre ses lames

Avatar de Séverine Magnol-Tassin

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Pourquoi deux kalimbas du même modèle ne sonnent-ils jamais tout à fait pareil ? La réponse tient presque entièrement à ses lames, et à la façon dont chacune d’elles vibre.

Pourquoi les lames ne sonnent-elles pas toutes pareil ?

Chaque lame du kalimba, aussi appelé mbira dans ses formes traditionnelles africaines, produit une note différente selon trois paramètres qui jouent ensemble. La longueur libre — la portion de lame qui dépasse du chevalet et qui vibre réellement — détermine l’essentiel de la hauteur : plus elle est longue, plus la note est grave. L’épaisseur de la lame intervient ensuite : une lame fine vibre plus vite et sonne plus aigu qu’une lame épaisse de même longueur. Le matériau de la table d’harmonie, enfin, colore le timbre sans changer la note elle-même — bois dense ou tendre, présence ou non d’une caisse de résonance creuse.

Comment s’accorde-t-on un kalimba, concrètement ?

L’accordage se fait par glissement de la lame sur le chevalet, jamais par tension comme sur une corde. Pour monter la note, on raccourcit la longueur libre en poussant la lame vers l’intérieur, ce qui la rend plus rigide et plus aiguë. Pour la baisser, on l’inverse : on tire la lame vers l’extérieur pour allonger la portion qui vibre. Le geste se fait par petites touches, à l’oreille ou avec un accordeur électronique, en tapant la lame juste après chaque ajustement.

Quelles gammes trouve-t-on le plus souvent ?

La majorité des kalimbas vendus aujourd’hui sont accordés en gamme diatonique majeure, la plus simple à jouer sans fausse note pour un débutant : les lames se succèdent de gauche à droite en alternant les degrés de la gamme, avec la note centrale au milieu. Certains modèles proposent des gammes pentatoniques, plus proches des traditions dont l’instrument est issu, avec moins de lames et un jeu qui tolère davantage l’improvisation sans sonner dissonant.

Qu’entend-on quand l’instrument se désaccorde ?

Un kalimba qui se désaccorde ne sonne pas forcément faux au premier coup d’oreille : le signe le plus courant est un battement léger entre deux lames voisines censées être harmoniques, ou une note qui sonne juste seule mais fausse dès qu’elle est jouée avec les autres. Les changements de température et d’humidité suffisent à faire bouger l’accordage d’un instrument transporté d’un festival à l’autre, ce qui explique pourquoi les musiciens de rue qui en jouent en extérieur réaccordent souvent leur instrument plusieurs fois dans la même journée.

Peut-on abîmer un kalimba en l’accordant mal ?

Le risque existe, mais il reste limité si le geste reste progressif. Forcer une lame trop loin dans un sens finit par la faire ressortir complètement de son logement sous le chevalet, ou par déformer sa base au point qu’elle ne tienne plus fermement en place. Le bon réflexe consiste à pousser ou tirer par petites touches, en testant la note après chaque micro-ajustement, plutôt que d’appliquer d’un coup une pression forte pour gagner du temps. Un maillet léger ou même une petite pince adaptée suffisent : la force n’a jamais accéléré un accordage propre, elle l’a surtout fait rater.

Pour ceux qui préfèrent un instrument à cordes, la rubrique festivals et scènes croise régulièrement les musiciens qui en jouent en configuration acoustique légère.

L’histoire et la facture de l’instrument sont détaillées sur sa page consacrée à la mbira, dont le kalimba est une variante popularisée en Occident.


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